C'est une amie qui m'a dit - Tu devrais lire Louise Penny. 
Le livre était déjà sur ma PAL. 
Il attendait d'être en haut,
c'était presque son tour.
- C'est bien, m'a-t-elle dit.
C'est assez calme. Il y a des arbres, de la neige.
Pas beaucoup de morts, un ou deux.
C'est presqu'exotique, cela se passe au Québec.

Je lui fait confiance à cette amie. Ses choix de lectures recoupent très souvent les miens. Et je n'ai pas été déçue.

 

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Au matin de Thanksgiving, on découvre dans le paisible petit village québecois de Three Pines le cadavre d'une vieille dame aimée de tous. L'inspecteur Armand Gamache, de la Sûreté du Québec, est chargé de l'enquête. Qui pourrait souhaiter la mort d'une vieille dame aussi gentille ? Le mystère s'épaissit à mesure que l'on met au jour des oeuvres d'art que la victime a longtemps gardées secrètes. Rustiques, primitives et troublantes, ces peintures touchent différemment tous ceux qui les voient... (Source Actes Sud)


Un polar doux, humain, qui fait se croiser avec finesse des personnages issus de Three Pines, village perdu des Cantons de l'Est et l'équipe d'Armand Gamache, inspecteur chef de la sûreté du Québec.Il vient enquêter dans cette bourgade où francophones et anglophones vivent ensemble. Un inspecteur attentif, juste, bienveillant, à l'écoute de ses amis, de ses hommes, de sa famille et qui évolue au fil des romans. 
Le livre est bien construit. Parallèlement à l'enquête, le lecteur découvre, à l'insu de Gamache les problèmes qu'il a lui-même au sein de la police. 

Le début de Nature morteMlle Jane Neal se présenta devant Dieu dans la brume matinale du dimanche de Thanksgiving. Ce décès inattendu prit tout le monde au dépourvu. La mort de Mlle Neal n'était pas naturelle, sauf si l'on croit que tout arrive à point nommé. Si c'est le cas, Jane Neal avait passé ses soixante-seize années à s'approcher de ce dernier instant où la mort vint à sa rencontre, dans une érablière aux tons ardents, près du village de Three Pines. Elle tomba bras et jambes écartés, comme si elle avait voulu former la silhouette d'un ange dans les feuilles mortes aux couleurs vives.

L'enquête est lente, les indices sont maigres.L'énigme est dans la tradition britannique et mêle flegme, humour et culture. L'inspecteur Gamache est un lointain cousin lettré de Brunetti le vénitien. Il écoute, laisse faire ses adjoints, prend conseil auprès de sa femme. Il cite les poètes canadiens et britanniques, Léonard Cohen et s'installe peu à peu, comme nous, à Three Pines. On entre chez ses habitants avec le sentiment de les connaître de mieux en mieux au fil des ouvrages, de pouvoir choisir le meilleur fauteuil, de saisir leurs inquiétudes avant qu'ils ne les formulent. Nous partageons avec eux les repas, les pique-nique dans la forêt, une bière, du lait chaud au miel, un scotch le soir ou du chocolat avec des brioches tièdes couvertes de beurre fondu. Nous partageons aussi leurs livres et un bon feu. Des romans d'atmosphère où nous retrouvons la libraire, ancienne psychologue de la ville, le couple gay qui tient le bistro et le gîte, une vieille poétesse capitaine des pompiers, un couple d'artistes peintres, une boulangère... A travers eux, nous découvrons un versant de la culture québecoise, nous vivons et lisons au rythme de la météo et des saisons et nous regardons à la loupe les amitiés se faire et se défaire. 

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Gamache a sa méthode. Il observe, il écoute. Un meurtre, cela vient toujours de loin. Il faut parler et creuser. A chaque meurtre, il retient quelques chambres pour lui et son équipe au gîte du village et s'assoit chaque soir au bistro. Les habitants viennent lui parler. Son équipe entre et sort pendant qu'il écoute. Cette équipe, de beaux personnages, complexes, ambigus, trompeurs, évoluant d'un livre à l'autre. Peu de rebondissements, juste une mise en relation des faits et des relations entre les gens et une bonne dose d'empathie.

Dans le troisième tome, une femme est morte de peur. Un meurtre. 
L'homme qui l'aimait reste abattu,silencieux, à déplacer la nourriture dans son assiette. Peter continuait de remplir son verre de vin et clara papotait à propos des préparatifs du jardin. Voilà en quoi l'amitié était formidable, s'était dit Clara. Personne n'attendait rien de M. Béliveau, et il le savait. Parfois, cela fait tout simplement du bien de ne pas être seul. Il était parti tôt, tout de suite après le souper. Il avait semblé un peu plus enjoué. En emmenant Lucy, Clara et Peter l'avaient raccompagné jusque chez lui, à travers le parc du village. Sur la galerie, ils lui avaient donné une accolade, sans toutefois prononcer des paroles de réconfort convenues : ç'aurait été uniquement pour se rassurer eux-mêmes. Ce qu'il fallait à M. Béliveau, c'était se sentir mal. Ensuite, il irait mieux.

Louise Penny, ancienne journaliste, vit dans les Cantons de l'Est. La bonne nouvelle c'est que deux autres tomes viennent d'être publiés cette année par Actes Sud

Louise-Penney

sous la glace couv     le mois le plus cruel couv

Au Canada, c'est le 8ème tome qui vient de sortir.
Bonne lecture