J.B Pontalis est parti cette semaine.
Il était né en 1924.
Pour beaucoup de lecteurs, il était là,
jamais au même endroit.
Psychanaliste, philosophe, éditeur...
Il nous a donné ses carnets à lire,
il remplissait des pages et des pages.
Il faisait-fait-partie des auteurs vers lesquels je reviens sans cesse.
Je cherche, je fouille, je tourne autour des pages, entre les lignes.
Pontalis m'inquiéte, me rassure, m'amuse.

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et il est des livres, dans les bibliiothèques
qui sont souvent empruntés.
Dans la mienne de bibliothèque,
ils ne sont pratiquement plus là.
"Tu as ce Pontalis-là ?"
J'en ai perdu plusieurs,, pas rendus.
C'est un signe de bonne santé pour ses livres

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En voici quelques uns
seulement quelques uns.

Psychanalyste, c’est une fonction. Pas un être. Ce n’est pas une identité. J’espère par exemple ne pas l’être avec mes proches, ne pas les bombarder d’interprétations plus ou moins sauvages. Et puis, même parfois dans mon cabinet, je ne le suis pas toujours non plus. Quand j’étais psychanalyste débutant, je me demandais ce que je faisais là : de quel droit ? Je dis souvent que se prendre pour un analyste est le commencement de l’imposture. Et si j’ai réussi à le devenir, c’est bien parce que je ne me suis pas pris pour un analyste. J.B. Pontalis

J'ai décidé de me séparer de ce qui fut longtemps - vingt-cinq années- une part de ma vie. Chaque fois qu'on se sépare -d'un lieu, d'une femme, d'un livre après sa publication-, on se sépare de soi-même.

Il nous faut croiser bien des revenants, dissoudre bien des fantômes, converser avec bien des morts, donner la parole à bien des muets, à commencer par l'infans que nous sommes encore, nous devons traverser bien des ombres pour enfin, peut-être, trouver une identité qui, si vacillante soit-elle, tienne et nous tienne.

Il y a bien des façons de passer à l'acte. Se taire en est une. 

Vous trouverez des biographies et des bibliographies partout,
mais il faut aussi écouter Pontalis :

Chez Alain Veinstein :

http://www.franceculture.fr/emission-du-jour-au-lendemain-j-b-pontalis-2013-01-11

Chez Laure Adler :

http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-hommage-a-j-b-pontalis-2013-01-16

Et, à l'occasion de la sortie de Freud avec les écrivains :

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-freud-face-aux-ecrivains-2012-11-02

 Je ne sais pas 
si le vieux philosophe avait le coeur usé
Mais je me serais bien assise à côté de lui
sur un banc pour l'écouter lire ses fragments

En marge des jours :

«Ne pas dater ces fragments. Ils sont pour moi en marge du temps qui passe, de la chaîne du temps. Même quand ils évoquent une circonstance, une rencontre, une lecture d'autrefois, ces circonstances, rencontres, lectures sont mon présent.
Je sors ces fragments des marges de ma mémoire, elle-même fragmentée, lacunaire, pour les porter non au centre - personne n'a en lui de centre ou du moins ce centre introuvable n'occupe jamais le même lieu -, mais pour qu'ils viennent au jour du vif aujourd'hui.»
J.-B. Pontalis.

et puis,
mi-décembre, "C'est moi le plus fort"
a laissé tous seuls les loups, cochons
et chaperons dans la forêt.

Mario Ramos est parti, à 54 ans

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Ce sont ses copains auteurs et illustrateurs qui en parlent le mieux:

« Mario Ramos est mort. Il était somptueusement scrupuleux dans son travail pour les enfants. Il y a à peine huit jours nous parlions tous les deux. De sa difficulté d'être dans la justesse et dans l'honnêteté pour faire ses livres. C'était un souci pour lui. Une préoccupation forte. Je me demandais s'il s'était jamais vu sourire. Ça se voyait qu'il ne pouvait pas être autre que lui-même, le faiseur de miracles de papier et de couleur. Ses livres sont communicatifs. Ça passe de lui aux enfants. Bien sûr en traversant ses mondes, ses douleurs, ses bonheurs. Accostant en fin de contes sur des continents dont il était le seul guide, dans sa main la main de milliers d'enfants. Il avait peur de ne pas être à la hauteur des enfants. C'est la seule fois où on s'est vus. Et là, pour cette peur, c'est mon ami de mon village. Il y en a tant qui se baissent vers les enfants. Lui connaissait ce secret: s'élever jusqu'à eux. »

Claude Ponti

« C'est un coup de massue, ta disparition. Celle d'un garçon, tant tu étais juvénile, l'œil rieur, l'humour toujours à fleur de peau. Concerné, aussi. Révolté plutôt qu'indigné. Généreux dans l'amitié. Et tes albums, au dessin si juste et si tendre : des histoires toute simples, à belle hauteur d'enfance, des albums pour faire peur et pour faire rire, des albums pour apprivoiser les petites misères et les grands chagrins... Des albums à tenir très fort entre ses bras, comme on voudrait tant pouvoir le faire avec toi, Mario, parce que ce chagrin-là, il ne passe pas, il nous laisse sans voix, et c'est trop tôt, trop dur pour les souvenirs. Nous pensons à Andréa, à Tania, et nous mêlons nos larmes à leurs larmes. Et aussi, nous pensons à toi, Mario, où que tu sois. »

François Place

« Nous avons débuté ensemble.
Liés par l'amitié et mon admiration pour ton travail.
Trois livres duos plus tard, tu t'y es lancé seul.
Libéré enfin des histoires des autres, desquelles tu te sentais si prisonnier.
Chacun à sa table de travail, les années sont passées sans que l'on ne sache se retrouver vraiment.
Maintenant que tu n'es plus là, restent les souvenirs toujours vivants et foule de beaux livres qui je le sais ne mourront jamais.
Mon album préféré reste : Quand j'étais petit.
Tu y parles de nos qualités d'enfants.
Cabossées, restreintes ou perdues sur les chemins qui mènent à l'âge adulte.
Chez toi, toutes avaient passées les ans sans égratignures.
C'est pour cela que je t'ai apprécié et aimé.
C'est aussi pour cela que tu manqueras.
Au revoir, Mario. »

 

Rascal

maudet      stehr     englebert

(source Ecole des Loisirs)

Vous pouvez le retrouver en vidéo :
http://www.ecoledesloisirs.com/php-edl/portailvideo/video.php?AUTEUR=231&rub=AUTEUR&envoi_auteur=afficher

et sur son site:

http://www.marioramos.be/

Quelques articles :

http://www.ecoledesloisirs.fr/mario-ramos/ramos13.pdf

http://www.ecoledesloisirs.fr/mario-ramos/ramos12.pdf

C.H